Les Capitelles

"Capitelle" est un nom typique de la région (ces constructions se nomment "bories" dans d'autres régions).

Les capitelles sont des constructions traditionnelles sans mortier utilisant des pierres locales, élevées comme abris temporaires pour les bergers, les outils et les récoltes. Cette technique vernaculaire est emblématique du patrimoine rural de l’Uzège.

Certaines capitelles datent du XVIIIᵉ et XIXᵉ siècle et, dans le secteur de Carrignargues, elles parsèment encore la campagne. Dans certains parcours de randonnée autour d’Uzès, on trouve des murs, enclos, cabanes et cairns, offrant un témoignage du labeur paysan d’autrefois.

Autour de Carrignargues, il ne s’agit pas d’un site unique mais d’un ensemble dispersé de cabanes en pierre sèche, intégrées à d’anciennes parcelles agricoles, des restanques (terrasses), des chemins anciens reliant Uzès à la garrigue sud.

Elles sont typiques de la Montagne d’Uzès, même si Carrignargues est un peu en contrebas.

1. Les capitelles isolées

Ce sont les plus nombreuses, avec un plan circulaire ou légèrement ovale, un diamètre intérieur de 2 à 3 m, une hauteur de 2 à 2,50 m, une voûte en encorbellement et une entrée basse orientée au sud ou sud-est (protégée contre le mistral).

Fonction : abri temporaire pour le paysan, stockage d’outils, protection en cas d’orage, parfois dépôt d’olives ou de fagots.

Autour de Carrignargues, ces capitelles sont souvent enclavées dans des propriétés privées, mais on en voit certaines depuis les chemins, dans les friches non clôturées et au bord d’anciens murs.

2. Capitelles associées aux murs et restanques

Dans ce secteur, beaucoup de capitelles sont intégrées à un système agricole complet, murs de pierre sèche longs de plusieurs dizaines de mètres, petites terrasses gagnées sur la pente, la capitelle étant placée au point stratégique de la parcelle.

Certaines capitelles de Carrignargues sont adossées à un mur, ou partiellement creusées dans une accumulation de pierres issues de l’épierrement.

Cela montre qu’elles ont été bâties au fur et à mesure du défrichement, avec les pierres extraites du sol.

3. Capitelles doubles ou complexes

Plus rare, il existe des capitelles avec deux volumes accolés, ou une capitelle avec un abri ouvert, parfois avec une niche intérieure. Ces structures suggèrent une exploitation plus importante, ou un usage mixte (outils + animaux, ou stockage + abri humain).

Elles sont généralement situées près d’anciens chemins agricoles, à proximité d’un croisement de parcelles.

4. Capitelles en ruine

Beaucoup ne sont plus « intactes », mais restent très intéressantes avec une voûte partiellement effondrée, une entrée comblée ou des murs conservés jusqu’à 1,50 m. Ces ruines sont essentielles pour comprendre la technique de construction, l’évolution du paysage et l’abandon progressif de l’agriculture au XXᵉ siècle.

5. Techniques visibles sur place

En observant celles de Carrignargues, on distingue des pierres calcaires locales, non taillées, l'absence totale de mortier, des pierres plates pour les linteaux, une couverture en dalles épaisses et parfois une pierre faîtière volontairement massive.

Certaines capitelles portent encore des traces de calage et des marques de reprise (réparations anciennes).

6. Période de construction

Pour Carrignargues, la majorité des capitelles date de la fin du XVIIIᵉ et du XIXᵉ siècle. Quelques structures pourraient être antérieures (XVIIᵉ) mais aucune n’est médiévale au sens strict.

Elles correspondent à la période de forte pression démographique et d’extension maximale des cultures en garrigue.

Où voir des Capitelles

À Carrignargues, la capitelle la plus facilement visible est certainement celle qui se trouve au carrefour du Chemin de la Garrigue et du Chemin de St-Maximin.

Elles ne sont pas toutes visibles depuis la rue et les chemins. Par exemple, entre le chemin des Chênes verts et le chemin de la Lavande, il est très probable qu'il y ait des capitelles qui ne sont pas visibles.

Carte montrant des emplacements de Capitelles à Carrignargues (il en existe très probablement d'autres).

On peut en voir plus d'une dizaine en se promenant dans Carrignargues, sans entrer dans des propriétés privées.

Il existe aussi des capitelles vers La Montagne, un "Sentier des Capitelles" à l'entrée ouest de St-Siffret. D'autres communes ont aussi des "sentiers des capitelles" (Arpaillargues , Blauzac, ...)..

Informations sur les capitelles

Des associations existent en Uzège.

Associations spécialisées « capitelles / pierre sèche » :

1. Les Amis des Capitelles du Gard

Association départementale dédiée aux capitelles, murs et cabanes en pierre sèche, très active autour d’Uzès, Nîmes, garrigues gardoises. Actions : inventaire, restauration bénévole, sensibilisation du public, sorties de terrain.

2. Pierre Sèche en Garrigue

Association reconnue en Occitanie. Intervient sur : restauration de capitelles, murs de soutènement, transmission des techniques traditionnelles. Travaille souvent avec les communes, des propriétaires privés et des écoles de formation.

Approche très rigoureuse, respect strict des techniques anciennes.

3. ABPS – Artisans Bâtisseurs en Pierre Sèche

Réseau national (présent en Occitanie) qui regroupe des artisans qualifiés, des formateurs, des experts en pierre sèche. Rôle : label de compétence, chantiers-écoles, reconnaissance UNESCO (patrimoine immatériel).

Associations patrimoniales locales utiles :

Société Scientifique et Littéraire d’Uzès

Association historique ancienne. Travaille sur les archives, la toponymie, le patrimoine rural et bâti. N'est pas centrée uniquement sur les capitelles, mais indispensable pour le contexte historique.

Pour :

- Restaurer une capitelle : contacter "Pierre Sèche en Garrigue" ou ABPS (ne jamais restaurer sans méthode).

- Comprendre / identifier une capitelle : "Amis des Capitelles du Gard".

- Étudier l’histoire / le paysage : "Société Scientifique et Littéraire d’Uzès".

- Participer comme bénévole : "Amis des Capitelles du Gard" (le plus accessible).